Enseigner au cégep : temps plein, partiel ou remplacement

Au cégep, les expressions « temps complet », « temps partiel » et « remplacement » ne décrivent pas exactement la même chose. Le temps complet ou partiel concerne principalement l’ampleur et la durée de la tâche. Le remplacement indique plutôt pourquoi cette tâche est disponible.
Une personne peut donc effectuer un remplacement à temps partiel ou se voir offrir une pleine tâche pendant une seule session sans être considérée comme enseignante ou enseignant à temps complet pour toute l’année.
Qu’est-ce qu’une tâche à temps complet?
Dans les conventions collectives, une personne enseignante à temps complet est normalement engagée pour douze mois afin d’assumer une charge annuelle complète. Cette charge peut être répartie de façon différente entre les sessions d’automne et d’hiver. Une session plus lourde peut être compensée par une session plus légère. La charge individuelle ou CI sert à mesurer cette répartition.
Un total annuel de 80 unités de CI constitue généralement le repère d’une charge annuelle complète. Les conventions prévoient aussi certaines situations où l’accumulation de deux charges complètes de session ou l’atteinte du seuil annuel entraîne le traitement applicable au temps complet.
Être à temps complet ne signifie toutefois pas être permanent. Le statut du contrat, l’existence d’un poste disponible et les conditions d’acquisition de la permanence doivent être examinés séparément.
Qu’est-ce qu’une tâche à temps partiel?
Une personne enseignante à temps partiel est engagée pour une charge inférieure à une charge annuelle complète ou pour une charge accomplie sur une période plus courte que douze mois.
La rémunération, la disponibilité et certains avantages sont alors calculés au prorata de la tâche.
Il est possible de voir une offre indiquant « tâche à temps partiel — 100 % pour la session ». Cette formulation n’est pas nécessairement contradictoire : la tâche peut représenter l’équivalent d’une pleine charge pendant une session, tout en demeurant un contrat de moins de douze mois.
Il faut donc distinguer :
- le pourcentage de tâche affiché pour une session;
- la CI attribuée;
- la durée réelle du contrat;
- le statut annuel indiqué au contrat.
Comment fonctionne un remplacement?
Un remplacement sert à prendre en charge temporairement la tâche d’une personne absente, par exemple en raison d’un congé parental, d’une invalidité, d’un congé sans traitement ou d’une libération. Sa durée peut être connue dès le départ ou dépendre du retour de la personne remplacée. Il sera donc courant de trouver des formulations du genre « jusqu'au retour de la personne remplacée ». Le remplacement peut couvrir une tâche complète, une portion de tâche ou seulement certains cours.
Dans les affichages, le mot « remplacement » est souvent utilisé de façon générale. Les définitions conventionnelles sont plus précises et peuvent différer de l’usage courant. Le contrat devrait indiquer clairement :
- la durée prévue;
- le pourcentage ou la CI;
- les cours concernés;
- la possibilité de fin anticipée au retour de la personne;
- le statut attribué.
Un remplacement ne crée pas automatiquement un poste disponible et ne conduit pas automatiquement à la permanence. Il peut néanmoins permettre d’accumuler de l’ancienneté ou d’obtenir une priorité sur des engagements futurs, selon la convention applicable.
Et les personnes chargées de cours?
Le statut de personne chargée de cours est distinct de celui du personnel enseignant régulier à temps partiel.
La personne chargée de cours est généralement rémunérée selon un taux prévu pour une charge de cours. Cette rémunération couvre non seulement les heures d’enseignement, mais aussi la préparation, l’évaluation et l’encadrement associés au cours.
Ce statut est fréquent à la formation continue. Les conventions peuvent toutefois en permettre l’utilisation dans d’autres situations précises.
Il faut donc éviter de considérer « chargé de cours », « temps partiel » et « remplacement » comme des synonymes. La rémunération, les avantages sociaux, la priorité d’emploi et les obligations ne sont pas nécessairement les mêmes.
« Enseignement régulier » signifie-t-il « emploi permanent »?
Non. Dans le réseau collégial, « enseignement régulier » désigne principalement le secteur d’enseignement menant aux programmes ordinaires du cégep, par opposition notamment à la formation continue.
Une personne peut enseigner au secteur régulier tout en étant non permanente, à temps partiel ou en remplacement.
Les questions à poser avant d’accepter
Avant de signer un contrat, demandez :
- S’agit-il d’un contrat à temps complet ou à temps partiel?
- Le contrat couvre-t-il une ou deux sessions?
- Est-ce un remplacement ou une charge devenue disponible?
- Quelle est la CI estimée?
- Le contrat est-il au secteur régulier ou à la formation continue?
- Quel droit de priorité pourrait découler de cet engagement?
- Dans quelles circonstances le contrat peut-il prendre fin?
Consultez également la page Poste ou permanence : quelle différence?, le processus d’embauche au cégep et les salaires dans les cégeps.
Les règles détaillées varient selon l’affiliation syndicale, la convention et les ententes locales. En cas de doute, faites confirmer le statut du contrat par les ressources humaines ou le syndicat local.
Sources officielles
- Conventions collectives du personnel enseignant — CPNC
- Convention, permanence et priorité d’emploi — FEC-CSQ
- Guides et outils conventionnels — FNEEQ-CSN
Dernière mise à jour : 2 sept. 2026